Hénin-Beaumont : les Héninois ont dit non au FN
juillet 6th, 2009 — nordpasdecalaisCe fut assurément la semaine de la grande trouille à Hénin-Beaumont. Dans la foulée des 40 % recueillis par Steeve Briois au premier tour et de la terrible pagaille à gauche, l’Alliance républicaine de Daniel Duquenne ne partait pas la fleur au fusil. Et pourtant, paradoxalement, c’est cette même peur qui a finalement fait des ravages du côté de l’électorat FN, craignant sans doute de voir leur ville mise au ban de la société…
PAR PASCAL WALLART ET CHRISTOPHE LE COUTEUX

Quelle revanche ! Daniel Duquenne, lâché et humilié voici quelques années par le Parti socialiste, raillé depuis lors par un certain nombre de caciques locaux, était hier soir sur un petit nuage. Lui, l’homme qui a su faire fi des étiquettes et des a priori, et se débarrasser de cette image d’éternel « gentil » qui lui entravait les ailes sera, dans quelques jours, officiellement le nouveau maire d’Hénin-Beaumont.
L’aboutissement inespéré d’un itinéraire rectiligne. Le bout du bout du sillon tracé avec application et pragmatisme depuis huit ans avec une équipe de fidèles.
Ayant su ignorer les sirènes des officines partisanes qui, dans l’entre-deux tours, l’enjoignaient de fusionner avec d’autres listes de gauche, Daniel Duquenne a su préserver l’esprit solidaire de « son » Alliance républicaine. Et la tactique a payé puisqu’hier, avec une mobilisation plus élevée qu’au premier tour (62,38 %), l’Alliance républicaine a réussi à endiguer la vague FN en s’imposant dans 14 des 18 bureaux héninois pour finalement totaliser 52,38 % des suffrages. Un sursaut des électeurs qui a sans doute à voir avec la peur du saut dans l’inconnu qu’aurait été l’élection d’un maire frontiste, et son corollaire : le fâcheux isolement de la commune au sein de l’agglomération, du département, de la région… Un risque que les Héninois se sont finalement refusés à prendre, ouvrant à Daniel Duquenne les portes de l’hôtel de ville, juste huit ans après qu’il ait quitté les lieux sur la pointe des pieds lors de cet été 2001 où, en tant que directeur général des services de la ville, il mettait fin à la cohabitation avec un Gérard Dalongeville, impitoyable dans son costume de vainqueur.
Recours du FN
Un fauteuil majoral dans lequel, il y a quelques heures encore, Steeve Briois se voyait logiquement installé… Bunkerisés dans leur QG, la tête de liste frontiste et Marine Le Pen se sont adressés aux médias plus tard que prévu. Le temps peut-être de recenser tous les responsables de la défaite : « L’UMP, le PS, appuyés par les médias, les groupes de pression et le show biz,énumère Marine Le Pen. Le système a montré qu’il était prêt à tout pour survivre : tous unis, tous pourris dans le même schéma clientéliste qui transforme la France en république bananière. » Steeve Briois, qui stigmatise les « méthodes malhonnêtes » de son vainqueur du soir, entend d’ailleurs déposer un recours au tribunal administratif dès aujourd’hui. Un recours de plus dans une ville qui les collectionne…






